Michel Messier

Cap St-Michel

Où est située, à Varennes, la Seigneurie de Michel Messier ? Le premier document officiel sur lequel on peut commencer ces recherches est le document signé par M. De Courcelles le 14 mai 1668. L’arpenteur Jean Lerouge indique le 27 février 1673, qu’il est entré à trois perches de l’embouchure de la rivière Notre-Dame et qu’il a mesuré quatre-vingt-quatre arpents (une lieue) jusqu’au fief du Sieur Bory de Grandmaison acheté plus tard par Michel Messier.

 

Le 3 mai 1672, l’intendant Jean Talon confirme le don de M. de Courcelles à Michel Messier et Jacques Lemoine. C’est ainsi que notre duo se retrouve dans la maison de Michel Messier à Montréal le premier août 1676 avec le notaire B. Basset pour légaliser le partage de la seigneurie. Le document indique ceci : En partant de la rivière Notre-Dame, les dix-huit premiers arpents iront à Jacques Lemoine. Les vingt-deux arpents suivants seront propriétés de Michel Messier et s’arrêteront aux terres de Jacques Messier. Vient ensuite la deuxième partie échue à Jacques Lemoine, vingt-quatre arpents. Finalement les vingt arpents restant vont à Michel Messier. Le tout totalise quatre-vingt-quatre arpents de front par une lieue et demie de profondeur tel que stipule le document.

 

En 1705, notre duo recevra un autre morceau de terrain situé à l’arrière de la seigneurie. En plus de ces terres, il y a deux iles dans le St-Laurent qui font face à la Seigneurie. L’île Bellegarde revient à Michel Messier et l’île Deslauriers sera partagée en deux. Il est à noter que la terre de Jacques Messier est située dans la seigneurie de Jacques Lemoine.

 

Le 18 août 1736, François-Michel Messier est héritier de la seigneurie de son père Michel, décédé le 2 novembre 1725.  Le foi et hommage est un document qui le confirme dans son statut de seigneur. François-Michel Messier doit faire un «inventaire » de sa seigneurie. Chaque personne propriétaire d’un lot est mentionnée. On décrit la superficie des terrains en culture et des bâtiments.

 

Dans ce document, une contradiction saute aux yeux. La seigneurie s’est élargie. De quatre-vingt-quatre arpents mesurés en 1676, elle est maintenant de quatre-vingt-seize arpents et demi et pourtant les voisins n’ont pas déménagé. En 1676, Michel Messier possède quarante-deux arpents. En 1736, son fils François-Michel hérite de quarante-neuf et demi. Un long travail de recherche est à tout faire pour éclaircir le tout. A-t-on pu, soixante ans plus tard, mesurer avec plus de précision ? Douze arpents et demi, c’est énorme.

 

Des choses intéressantes sortent du document. On y donne des précisions sur le terrain et les bâtiments de Michel Messier. Il est mentionné que le terrain qui appartenait à Michel est maintenant divisé comme suit : La moitié aux héritiers d’Étienne Gentes et d’Ignace Hébert sur laquelle il n’y a aucun bâtiment. La deuxième moitié est octroyée à François-Michel Messier. Sur ce terrain se trouve une maison avec fondations et cheminée de pierres. Le bâtiment est de pièce sur pièce (une maison de bois) et mesure trente pieds par vingt-deux pieds. Il y a également une grange de quarante pieds par vingt-deux pieds. Enfin une étable et une écurie «se tenant » de vingt-deux pieds par seize, le tout avec un toit couvert de paille.

 

Suite à toute la documentation que j’ai consultée, la carte de la seigneurie de Michel Messier et de Jacques Lemoine présente dans ce journal est basée sur un calcul mathématique. Je crois que les lots numéros quarante-huit, quarante-neuf et cinquante étaient sur la terre de Michel et ont été concédés ensuite à des personnes par Michel. La maison qu’on dit aujourd’hui être la maison de Jacques Lemoine n’était pas construite en 1736 et était située sur la terre de Michel.

 

Le Cap St-Michel, cette pointe de terre qui s’avançait dans le fleuve a été coupée pour faire place à la navigation sur le fleuve St-Laurent.  En 1958, on a fait des travaux sur le Cap St-Michel pour y installer un bâtiment servant à la navigation. Durant les travaux d’excavation, le contracteur a trouvé, sur les lieux, six arquebuses qui pourraient confirmer la présence du fort que Michel a fait construire sur ce lieu.

 

Le fort serait situé (numéro 43) sur la seigneurie de Jacques Lemoine et aurait été construit avant le partage de 1676. Celui-ci aurait toléré cette construction sur ses terres. Elle servait bien ses intérêts en protégeant ses censitaires des attaques indiennes. Il était situé sur la terre de Jacques Messier, le frère de Michel. Il est à noter que le domaine de Jacques Lemoine était adjacent à la seigneurie de René Gaultier de Varennes. Pour attirer des colons, un fort à proximité rendait le site plus sûr.

 

La deuxième carte présentée est basée sur l’acte de 1736. Si le découpage se fait selon l’acte de 1676 (première carte), toute l’explication est claire. La recherche future pourra confirmer l’hypothèse que je soumets à nos lecteurs.

 

Gilles Messier (3)

 

Note : Ce texte est paru dans La Moisson des Messier, vol 3, no 4, pp. 26-27.

La Seigneurie selon le document de 1676

A

B

43

A

B

A : Concession faite à Michel Messier

B : Concession faite à Jacques LeMoyne

La Seigneurie du Cap St-Michel et de la Trinité

selon le document de 1736

B

B

A

A

A : Concession faite à Michel Messier

B : Concession faite à Jacques LeMoyne

Texte tiré du volume de  Gilles Messier :  Les Messier et leurs ancêtres, 700 ans d'histoire.

Dernière mise à jour : 

28 juillet 2014

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